photos à venir !!! patience
¡ Attention, comme ça, c'est un peu dense !
Avec mes mains ou Evelyne à la ferme, mieux que celle des célébrités, non ?
Le deal : contre mon travail, je suis nourrie-logée-blanchie. Organisation indépendante wwoof, for more, please see on the web :
* Les moutons, ils se gardent un peu tous seuls. Leur jeu favori consiste à franchir les clôtures électriques qui ne leur font ni chaud, ni froid, pour aller brouter plus loin - oui, l'herbe est toujours plus verte ailleurs. Deux techniques sont en vigueur pour franchir les fils : soit ils soulèvent celui du bas ou du milieu et se glissent dessous, soit d'un joli bond élégant, hop, ils passent carrément par-dessus. Vais tenter d'en filmer. Nous avons donc à les ramener dans leur enclos, séparer les mâles et reconstruire les encerclements défoncés.
Embobiner le fil des clôtures, ne pas prendre par le côté sans quoi la bobine s'ouvre et c'est foutu, tout le fil se répand en méli-mélo c'est encore mieux. Enrouler, dérouler, ramasser les piquets, replanter = les clôtures. Ne pas perdre la vis et le joint qui maintiennent l'enrouleur… hum… euh, j'ai retrouvé le joint, mais la vis, dans toute cette herbe.
Période délicate actuellement : les jeunes de 8mois sont en pleine adolescence d'où les limites toujours repoussées. De plus, les femelles à nouveau fécondables, les jeunes mâles s'affrontent maintenant plus ouvertement et passent leur temps à courir après les brebis, la tournante ça existe déjà chez eux – pas de quoi se vanter ni copier pour autant. C'est chaud, tensions, conflits en perspective ! On essaie d'opter pour la répartition suivante : les femelles avec un seul bélier et les autres mâles ailleurs. Sauf que les autres mâles pour l'instant, ils essaient toujours de rejoindre le groupe.
Ils ont deux espaces : l'un sous les chênes, idéal pour ruminer à l'ombre la journée et dans les vieilles vignes pour brouter le soir.
Les brebis ont été tondues la semaine précédent mon arrivée, zut, par un professionnel. La laine tondue, ils l'emploieront peut-être comme isolant (toiture).
Prochaine activité conséquente à laquelle j'espère participer, le bouclage = mettre des boucles aux oreilles des jeunes avec numéro les répertoriant. C'est assez drôle, un mouton, quand il est retourné et assis, il ne bouge quasi plus, calé sur son popotin grassouillet, il prend un air un peu benêt et étonné et hop, on en profite vite.
Nous avons finalement développé un nouveau concept : la clôture 5étoiles & 5étoiles+ (un fil supplémentaire à l'intérieur, histoire de créer une surabondance et un flou visuel). Ça y est, hormis les tous jeunes agneaux encore trop petits et habilissimes à se faufiler, plus personne ne passe sans se faire zapper (ou secouer comme vous préférez) méchamment donc, ça décourage. Du coup, comme ça prend nettement plus de temps à mettre en place (1jour et demi à deux à construire et avant il faut défaire la précédente of course), le troupeau a dû rester plus longtemps uniquement dans le premier espace sous les chênes à 5*+ et bien, à notre surprise : il s'en est satisfait et les moutons ont trouvé beaucoup d'herbe à brouter ! Faisaient donc la fine bouche ? Moutons de luxe ? Tiens, à méditer éventuellement l'analogie avec poule de luxe : peut-être une habitude à un certain standing ?
Mon préféré, le numéro 60024, un jeune de 8 mois qui a encore sa première laine, dense et douce à la fois. Il a comme signe distinctif son oreille droite entaillée et donc une seule boucle. Il est particulièrement doué pour sauter par-dessus les clôtures et il adore les gratouilles : il vient vers moi lorsqu'on les change de pré et vraiment réclame des câlins en me reniflant les mains tout d'abord et si je ne réagis pas, il me mordille les doigts, aie !
60029 est mort, dommage, c'était un jeune en plus. Colonisé par les mouches à m… et autres asticots sympathiques, il ne pouvait quasi plus se tenir sur ses pattes arrière. Pas facile de soigner un animal : savoir ce qu'il a, à cause de quoi et avoir le traitement adéquat. Un vétérinaire pour les gros animaux, oui. Sauf que son déplacement est très cher et les médics qui vont avec encore plus. Les moutons aussi se cachent pour mourir ? À l'ombre près de la maison, il reste à l'écart, c'est peu avant son dernier souffle qu'il a tenté de rejoindre ses pairs.
Profil du mouton, idées reçues : moins bête qu'on croit ! Grégaire, c'est vrai. Farouche, observateur, curieux, saute jusqu'à 1m-1m50 (avec une certaine élégance, plutôt pour fuir), paisible, malin : oui, oui, faut voir avec quelle rapidité ils ont appris à soulever les fils électriques pour aller brouter l'herbe plus verte de l'autre côté, juste là. Et puis contrairement à ce qu'on dit toujours aussi, le mouton qui tond très bien, non, le mouton apprécie l'herbe déjà courte, qu'il va couper encore plus courte. Ce ne sont pas des tondeuses, erreur.
* Les oies, pour les douze plus petits, on les garde dans un enclos bien grillagé même dessus, le temps qu'ils soient plus grands, plus gros, plus costauds et donc des proies moins vulnérables pour d'éventuels prédateurs allant du chien au rapace en passant par le renard. S'agit donc juste de régulièrement déplacer la structure pour qu'ils aient de l'herbe à becqueter et leur donner de l'eau fraîche. Faut les voir courir en se dandinant maladroitement et déployant leurs micros ailes.
* Rentrer les bêtes le soir, c'est épique : plus futés qu'on ne le pense… Les oies tout d'abord, lorsque j'ai eu à les rentrer le soir dans leur petite maisonnette et bien c'est comme si elles savaient très bien que je ne suis pas la personne habituelle, elles ont tournicoté dans tous les sens, évitant soigneusement la direction de la porte ! Les petits, alors que j'en observais un plus attentivement, zou, les 11 autres ont filé sous les fils électriques dans le pré aux moutons, ça n'a pas traîné et mine de rien, ces petites bêtes, ça avance vite toutes regroupées en se dandinant gaiement. Les moutons aussi sont malins, faut pas croire… J'ai dû m'y reprendre à trois reprises et demi jusqu'à temps que le troupeau rentre dans le pré à brouter et surtout y reste ! Ils me suivaient au bruit du seau secoué, puis mêêê non, demi-tour, argh !!! Quand j'ai finalement moi aussi compris que l'habitude était de déposer le seau à l'entrée du pré, ça été mieux pour tout le monde. Autrement, ils me suivaient, ils me suivaient, j'entrais dans le parc, ils me suivaient, me suivaient, bon, il faudrait que je sorte maintenant qu'il sont là euh oui, je me retourne, on se dévisage, ils font marche arrière nooooon !
* Le potager : bêcher, retourner la terre, semer, arroser, désherber (mon activité la moins appréciée, c'est un peu comme nettoyer les couverts, petits, pièces par pièces, ennuyeux, méticuleux. Je m'y fais, remarquez, bien installée en écoutant France Inter, des ces activités répétitives, vide-tête presque méditatif). Le plaisir de voir pousser ce qu'on a semé : en une après-midi, les trois rangées d'haricots plop sont sorties de terre. Je suis quasi sûre que j'aurais pu les voir se déployer si j'étais restée allongée à côté ! Les courgettes, ça doit être un peu similaire, elles se développent à une vitesse fulgurante sur le compost, plus de 30cm pièce, c'est du costaud (recettes bienvenues) !
* Le vignoble
32ha dont 8 récemment replantés d'un autre cépage pour faire du blanc, 8 répartis entre deux parcelles sont en friche, pâturages pour les moutons, qui apprécient beaucoup les feuilles de vigne et les 16 restants sont méchamment attaqués par le mildiou cette année : peu de raisins. Certains ceps seraient pratiquement centenaires, impressionnant.
Ce que j'y fais : dans les petites vignes qui ont été taillées au bon moment et qui donc ont beaucoup poussé (j'avais compris l'inverse, qu'elles avaient beaucoup poussé parce qu'elles n'avaient pas été taillées), je noue les sarments entre eux pour que Philip puisse ensuite passer avec la faucheuse.
Dans une des parcelles où la vigne est à taille normale, là aussi je tresse les sarments sur les fils métalliques cette fois-ci pour les faire grimper et se déployer sur les fils en tonnelle en quelque sorte.
Pliée en deux ou les bras en l'air… sur 375m, c'est long, avec l'aller + le retour, ben oui, c'est recto-verso la vigne une fois montée sur les fils !
Savez-vous ce que vous buvez ?
Avez-vous déjà regardé vraiment des vignes ?
Comment c'est au pied des ceps ? Il n'y a pas d'herbe ? Donc il y a usage de (puissants) désherbants qui ne sont pas franchement des trucs vraiment comestibles et qui - si, si - vont être absorbés par les pieds de vigne, la sève, les raisins…beeerkkk
Les jeunes plants de vigne fraîchement plantés, on les voit souvent avec un petit tuteur et puis un cache autour. Mais à quoi ça sert ce petit grillage ? Ça protège d'éventuels rongeurs ou herbivores qui seraient tentés par les jeunes pousses et puis surtout, surtout, ça protège les feuilles lors de l'emploi d'herbicides et oui, sans ce cache, une goutte bousille la feuille… c'est dire la puissance de ces produits, non ? Ça donne à penser, je trouve.
Le mildiou, un champignon qui fait des ravages actuellement, en raison des fortes pluies : il n'y a pas vraiment de traitement, c'est l'excès d'humidité qui nécrose les feuilles, elles prennent une couleur brune et ensuite, ça produit une pourriture sur les grains. Pourtant, certains viticulteurs vont quand même traiter au cas où, ça pourrait quand même protéger un peu.
Un risque non négligeable : c'est comme avec certains moustiques du pallu par exemple, il y a des résistances aux traitements chimiques qui se développent par mutation et c'est alors la spirale du toujours plus, toujours plus fort.
Par ailleurs, dans le cadre d'un maintien de la biodiversité, il est indéniable que l'emploi à grande échelle de pesticides et d'engrais chimiques appauvrissent et même détruisent la richesse naturelle des sols.
Comment sont les sarments sur les fils ? Tout bien calibrés, tous pareils ? Et bien c'est qu'ils sont taillés par une machine agricole, ça vous donne un look totalement différent, un vignoble aux lignées bien rectangulaires, net, comme une boite à chaussure. D'autres visuels.
Quand j'ai vu les pieds de vignes pour la première fois, en arrivant, oui, je me suis dit étonnée : "Tiens, elles ont une drôle de tête ces vignes, la couleur (j'ai compris ensuite que les feuilles étaient brunies par le mildiou), ces branches fouillis-dans-tous-les-sens et toutes ces herbes au sol, de vraies prairies sauvageonnes !"
Et les levures, vous connaissez ?
Ici il n'y en a pas, même si Victor nous a dit hier "Mais si, on en met pour le pain !" Ce ne sont pas les mêmes donc. La levure, à quoi ça sert ? A gérer la fermentation du vin et à développer certains arômes : pamplemousse, kiwi, banane, cerise, et bien d'autres ; à vous de choisir en fonction de votre cépage et tout et tout. Le piège : un formatage des goûts, une tricherie en quelque sorte quand même. Le pourquoi : un contrôle plus précis de la fermentation, une réponse aux critères des A.O.C donc un calibrage pour correspondre. Je les ai vues les listes des levures, incroyables, des centaines !
Ici, très peu de soufre, le minimum possible sur les feuilles, pas dans le jus de raisin. Donc, le vin s'oxyde aussi très rapidement puisque le soufre, ça stabilise et ça fait mal à la tête aussi. Pas de contrôle de la température des cuves, ça fermente quand ça fermente, pas quand on veut que.