Réveil à 2h
Un autre duo s'est levé qui va aussi tenter l'arête Forbes.
Faire son sac, s'équiper et petit déjeuner
Le réfectoire est silencieux, tout éclairé, vide. Une ambiance toute différente de l'heure de repas avec buée sur les vitres et brouhaha. Là c'est le bruit du vent qu'on entend.
Deux plateaux avec le petit déjeuner organisé pour chaque dyade et une insomniaque qui bouquine...
La météo annonçait des orages possibles durant la nuit, puis ciel dégagé la journée et retour des orages en fin d'après-midi. ... ah... ?!? on est encore la nuit, c'est vrai, ça
Bon, on décide d'y aller quand même : il faut remonter sur le glacier du Tour. On réévaluera ensuite, d'ici le lever du jour, ça peut encore beaucoup changer.
Départ 3h
L'autre cordée nous précède, ils partent très à gauche en remontant le glacier.
Pierre a repéré la veille l'itinéraire du début et heureusement : il fait nuit, pas tout à fait noire, la lune est dans les parages, mais avec tous ces nuages, nous avançons à la frontale.
Drôle de neige déjà très molle, gros sel... forcément avec un ciel couvert, il n'a pas fait assez froid pour que ça durcisse pendant la nuit.
5h
Toujours bouché, beaucoup de vent, des rafales qui font perdre l'équilibre.
On ne tente pas l'arête, on ne voit pas le sommet du Chardonnet, c'est tout pris, il y a même du brouillard par moments.
On opte pour la Fourche, histoire de quand même faire une course, un sommet sur la proposition des deux gars qui nous ont attendu : sympa ! Nous les suivons.
C'est juste là, en face de nous. Un pic rocheux, tout près. Quelques jolies et sévères bousculades par le vent dans la neige.
Petite ascension mixte neige-rocher, tout à fait accessible.


Quelques minutes avant le lever du soleil...

Regardez bien, on voit un petit bout de ciel bleu...

C'est en Suisse qu'il fait un peu plus beau, là en Valais, après le plateau du Trient et la main de Pierre !


On traverse cette large épaule de neige, on crapahute dans les rochers en face, sur le pilier gauche

Et pour le retour, nous emprunterons les traces qui descendent dans la pente neigeuse


Moi, je ne suis pas en confiance avec ces grosses rafales qui font perdre l'équilibre : c'est berk, pas là au milieu des rochers à escalader avec les crampons aux pieds... enfin, ce serait falaise-sud de la France-soleil-chaussons... je ne suis pas confort non plus quand le vent chahute si fort.
Il fait beau sur le versant suisse, le plateau du Trient.

8h
Nous sommes de retour au refuge après une descente confortable où nous croisons toutes les cordées qui partent en plus ou moins longue course. Les ados qui demandent tous, inévitablement : "c'est encore loin ? combien de temps ?" Et LEUR guide répond à coup sûr : "15minutes". Pierre et moi nous sourions : Bonne journée, bonne course surtout !
Une cordée d'ados qui montent
cette neige blanche à côté de la trace, ça fait comme du sucre glace
cette neige blanche à côté de la trace, ça fait comme du sucre glace
A la descente
C'est le contraire, Pierre est derrière pour m'assurer en cas de chute par exemple...

Et toutes sortes de couleurs ocre-rouille-sable-orangé-terre de sienne qui teintent la neige

Quoi ? ça s'est dégagé sur le Chardonnet ? Non, mais ça ne va pas durer et il y a vraiment beaucoup de vent, c'est plein de nuages qui viennent par l'Italie

Nous quittons le refuge pour regagner le Tour, le parking et la voiture. Et... quel itinéraire alors ?
Le pire de tous ! La descente par la moraine, le plus difficile, 1300m de dénivelée sur un chemin tout de guingois, avec des cailloux tout le temps qui font des marches d'escaliers mais énoooormes. A la montée, il faut compter entre 3 et 4h. Mes genoux crient au supplice bien plus rapidement que je ne l'aurais imaginé... il m'en faudra plus de deux pour arriver en bas.
Si j'ai pris une photo pour illustrer, que ça soit plus compréhensible ? NON
Regardez bien, y a comme un igloo au pied du glacier... à côté du torrent
Le Glacier du Tour, la naissance du torrent, l'igloo à son pied et les séracs bien découpés

Le Glacier du Tour, la naissance du torrent, l'igloo à son pied et les séracs bien découpés

11h5
parking
pic-nic, là au milieu de la route, tant pis
bilan des ampoules aux pieds... mmhmm pouerk pas terroche, ça colle à la chaussette ! Non, je n'ai pas fait de photo !
Alors ? Superstitieuse ?
Ah ben, non ! Deux c'est assez, trois c'est trop. Et je préfère ce jeu que le proverbe qui dit « jamais deux sans trois »










